Covid-19 : en France, la pandémie a aussi un impact psychologique

La deuxième vague de la pandémie de la Covid-19 pourrait bien être d’ordre psychologique. C’est en tout cas de déplore les professionnels de santé, qui mettent en avant les effets du confinement, mais aussi le discours anxiogène qui prévaut dans les médias depuis février 2020. Coup de blues, épuisement moral, impossibilité de pratiquer certains loisirs de plein air, perte d’emploi… les jours se suivent et se ressemblent en ces temps troubles.

Une conjoncture compliquée sur le plan mental

Avant de dresser un tableau complet de la situation, commençons par une précision capitale : l’infection à la Covid-19 peut causer des symptômes comparables à ceux des épisodes dépressifs, à savoir une fatigue chronique (ou asthénie), une humeur maussade et des troubles du sommeil. Ceux qui subissent ces symptômes doivent se faire diagnostiquer. Notons également que les patients qui guérissent semblent connaître un passage à vide après la convalescence. Mais c’est bien l’impact indirect de la Covid-19, qui instaure un genre de « climat pandémique » particulièrement anxiogène, qui inquiète aujourd’hui les psychiatres et psychologues.

« Les conséquences psychiatriques du confinement et de la pandémie sont devant nous et nous constatons actuellement une augmentation des dépressions et des pathologies anxieuses chez des personnes qui n’ont jamais été malades auparavant », alerte Marion Leboyer, psychiatre au CHU Henri Mondor de Créteil et directrice de la fondation FondaMentale. Au-delà des privations qui ont accompagné le confinement, qu’il soit imposé ou choisi, certains ont dû vivre un deuil compliqué, sans recueillement et sans cérémonie. Le personnel soignant souffre également d’épisodes dépressifs pour des raisons évidentes.

De leur côté, les parents ont dû composer avec le stress du télétravail, de la fermeture des écoles et du nouveau quotidien. Et si l’on ajoute à cela les difficultés socio-économiques qui se profilent déjà, nous obtenons une conjoncture particulièrement compliquée sur le plan mental.

Comment reprendre du poil de la bête ?

L’ampleur des épisodes dépressifs n’est pas encore étayée par des données chiffrées en France. Toutefois, nos voisins italiens avancent que 30 % des « guéris » de la Covid-19 se retrouvent avec une dépression.

Comment remédier à la situation ? « Il faut vraiment penser à inciter les gens qui n’ont jamais été déprimés auparavant à aller consulter leur médecin traitant, voire un psychiatre, car ces pathologies se diagnostiquent et se traient très bien ». D’un autre côté, les patients peuvent prendre certaines initiatives pour améliorer leur santé mentale en évitant l’isolement, en s’adonnant par exemple à un nouveau loisir « compatible » avec les mesures barrières (apprentissage d’un instrument de musique, jouer aux échecs en ligne, écrire, dessiner, peindre). Les théâtres et les salles de cinéma ont repris avec une capacité d’accueil réduite de moitié. Il serait peut-être opportun de faire le plein de culture et de divertissement, à la fois pour se changer les idées et pour soutenir un secteur d’activité qui souffre.

Les patients doivent également redoubler d’efforts pour améliorer leur qualité de vie et profiter de cette période de bouleversement du quotidien pour s’attaquer enfin à des problèmes de santé qui rythment votre vie en arrière-plan. Par exemple, 5 % des Français souffrent d’un Trouble Affectif Saisonnier (TAS), une pathologie qui apparaît préférentiellement en hiver ou chez les patients qui affichent une carence d’exposition à la lumière du jour (région peu ensoleillée, horaires décalés, travail en milieu clos, etc.). Pour résoudre ce problème, ils pourront opter pour un dispositif d’éclairage simulant la lumière du jour et choisir la lampe de luminothérapie qui vous conviendra le mieux.

On pourra également remédier au problème de la sédentarité et du manque d’activité physique en pratiquant des exercices au poids du corps, dans le confort de son domicile (pompes, fentes avant, squat avec des livres ou des bouteilles d’eau, etc.). Une supplémentation en vitamines ou en compléments alimentaires pourra être envisagée avec l’accord du médecin traitant.