Des volontaires français commencent une expérience unique de 40 jours

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Délivré le: 16/03/2021 – 14:43

Un an après le premier verrouillage de Covid en France, 15 femmes et hommes âgés de 27 à 50 ans ont volontairement accepté de vivre dans un espace confiné pendant 40 jours dans une grotte en Ariège, dans le sud-ouest de la France. Ils font partie d’une expérience scientifique appelée le projet Deep Time, le premier du genre au monde.

Le but de l’expérience est d’étudier la capacité des êtres humains à s’adapter à la perte de repères spatio-temporels, question soulevée notamment par la crise sanitaire, explique Christian Clot, le leader franco-suisse.

«Dans un contexte extrême, avec un nouveau mode de vie, nous ne savions évidemment pas comment répondre aux impacts de ces changements en tant que groupe», a déclaré cet explorateur et fondateur de l’Institut d’adaptation humaine en septembre 2020, faisant référence au Covid verrouillages à travers le monde.

C’est ainsi qu’est né le projet Deep Time, qui a débuté le dimanche 14 mars à 20h (heure locale) et durera 40 jours.

DEEPTIME // JOUR 1 // NOUS ALLONS VIVRE SOUS LA TERRE!

Hier à 20h00, après une dernière journée de préparation et la conférence de presse, la porte de la Grotte de Lombrives s’est refermée derrière nous.

De l’émotion pour ces derniers moments à la lumière du jour et les au revoir pic.twitter.com/GVbbpQ17L5

– Christian Clot (@ChristianClot) 15 mars 2021

Sans montre, téléphone ou lumière naturelle, sept hommes, sept femmes et Christian Clot lui-même devront également s’habituer aux 12 degrés et 95% d’humidité de la grotte de Lombrives, produire leur propre électricité au moyen d’un système de pédalo, et puiser l’eau dont ils ont besoin à une profondeur de 45 mètres.

Ils seront équipés de capteurs qui permettront à une dizaine de scientifiques de les suivre depuis la surface.

‘Une première mondiale’

«Cette expérience est une première mondiale», déclare le professeur Etienne Koechlin, directeur du laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles de l’Ecole normale supérieure (ENS).

«Jusqu’à présent, toutes les missions de ce type visaient à étudier les rythmes physiologiques du corps, mais jamais l’impact de ce type de perturbation temporelle sur les fonctions cognitives et émotionnelles de l’être humain», précise-t-il.

Près d’un an après le premier lock-out en France, Christian Clot et 14 volontaires âgés de 27 à 50 ans vivront à partir du 14 mars 2021 dans la grotte de Lombrives en Ariège pendant 40 jours sans voir le jour ni avoir la notion du temps. © AFP / Georges Gobet

Les 14 volontaires – dont un bijoutier, un anesthésiste, un gardien de sécurité et un cordiste – de toute la France participent au projet sur une base volontaire, sans aucune compensation.

Arnaud Burel, un biologiste de 29 ans, a accepté de participer à la mission «de goûter à cette vie hors du temps, impossible à l’extérieur avec nos ordinateurs et téléphones portables nous rappelant sans cesse nos rendez-vous et nos obligations», dit-il.

Quatre tonnes d’équipement

Dans la grotte, l’une des plus grandes d’Europe, « trois espaces de vie distincts ont été aménagés: un pour dormir, un pour vivre et un pour réaliser des études sur la topographie du lieu, la faune et la flore en particulier », Christian Explique Clot.

Quatre tonnes de matériel ont été transportées afin que les 15 volontaires puissent vivre de façon autonome, a-t-il ajouté.

Au total, Deep Time a nécessité 1,2 million d’euros de financement: de la part de partenaires privés et publics, mais surtout du Human Adaptation Institute.

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